Biologie Maroc
Tectonique globale · S5 · Chapitre 7 sur 7

Le cycle de Wilson et les orogènes anciens et récents

Lecture : 13 min·Rédigé par l'équipe Biologie Maroc·Mis à jour : août 2026

Ce dernier chapitre relie l'ensemble du cours dans un cadre unique : le cycle de Wilson, qui décrit l'ouverture puis la fermeture répétée des océans au cours des temps géologiques. Il illustre ce cycle par deux orogènes emblématiques, l'un ancien et aujourd'hui érodé, l'autre récent et toujours actif, avant de terminer sur les cratons, régions stables qui échappent à ce cycle. C'est le chapitre de synthèse attendu en fin de module, souvent support d'une question de réflexion globale à l'examen.

1. Le cycle de Wilson : ouverture et fermeture d'un océan

Proposé par Tuzo Wilson, le cycle de Wilson décrit la séquence complète des étapes par lesquelles un domaine océanique naît, s'étend, puis se referme, et l'orogenèse qui en résulte. Il s'enchaîne classiquement en : (1) rifting continental, (2) ouverture et expansion d'un océan mature bordé de marges passives, (3) initiation d'une subduction et fermeture progressive de l'océan, (4) collision continentale et formation d'une chaîne de montagnes, (5) érosion et pénéplanation de la chaîne sur des dizaines à centaines de millions d'années, laissant une suture souvent marquée par des lambeaux ophiolitiques. Ce cycle peut ensuite recommencer, un nouveau rift pouvant se réamorcer, ou non, le long de l'ancienne suture. Toute l'histoire de la lithosphère peut se lire comme une succession de cycles de Wilson, d'échelle et de durée variables.

Définition — Cycle de Wilson

Séquence complète, du rifting continental à la collision puis à l'érosion, décrivant l'ouverture puis la fermeture d'un domaine océanique et la formation d'une chaîne de montagnes qui en résulte.

2. Un orogène ancien : la chaîne varisque (hercynienne)

La chaîne varisque (ou hercynienne) résulte de la collision, achevée vers la fin du Paléozoïque (environ 300 Ma), entre plusieurs blocs continentaux dont la fermeture de l'océan Rhéique et d'autres bassins océaniques a réuni les terres qui formeront la Pangée. Fortement érodée depuis, elle affleure aujourd'hui sous forme de massifs disséminés à travers l'Europe et l'Afrique du Nord — le Massif central et le Massif armoricain en France, le Massif bohémien en Europe centrale, et la Meseta marocaine, qui constitue l'un des témoins les plus complets de cet orogène au Maroc. On y retrouve les structures typiques d'une chaîne de collision — plis, chevauchements, granites de collision, métamorphisme régional — mais aplanies par des centaines de millions d'années d'érosion : la chaîne varisque illustre le stade final du cycle de Wilson, celui de la pénéplanation.

3. Un orogène récent en activité : la chaîne alpino-himalayenne et l'Atlas marocain

La chaîne alpino-himalayenne, de Gibraltar à l'Indonésie, résulte de la fermeture, encore en cours par endroits, de l'océan téthysien qui séparait l'Afrique et l'Arabie de l'Eurasie. Elle regroupe des segments à des stades très variés de la collision, des Alpes à l'Himalaya en passant par le Rif marocain, chaîne active de collision et de subduction résiduelle en mer d'Alboran. L'Atlas marocain (Haut Atlas, Moyen Atlas), en revanche, n'est pas issu d'une véritable collision : c'est une chaîne intraplaque, résultant de l'inversion, en compression, d'un ancien rift mésozoïque avorté au sein de la plaque africaine, sous l'effet lointain de la convergence Afrique-Eurasie. La sismicité contemporaine du Maroc, jusqu'au séisme récent du Haut Atlas, témoigne de la déformation active de cette chaîne encore jeune à l'échelle géologique.

4. Les cratons et boucliers : stabilité à long terme

À l'opposé des zones orogéniques, les cratons sont les portions les plus anciennes et les plus stables des continents, dont le cœur n'a subi aucune déformation majeure depuis des centaines de millions, voire des milliards d'années. Leur partie affleurante, le bouclier, exhume un socle cristallin précambrien profondément érodé (le Réguibat et le Man en Afrique de l'Ouest, par exemple) ; leur partie recouverte d'une couverture sédimentaire peu déformée constitue la plate-forme. Une lithosphère cratonique est réputée particulièrement épaisse et froide, et donc peu sujette à une nouvelle déformation — un caractère qui explique pourquoi les cratons servent de noyaux rigides autour desquels s'organisent les cycles orogéniques successifs.

Définition — Craton

Portion ancienne et stable de la croûte continentale, non déformée depuis très longtemps, formée d'un socle cristallin (bouclier, à l'affleurement) et d'une couverture sédimentaire peu déformée (plate-forme).

5. Synthèse : tectonique des plaques et évolution de la lithosphère

D'un bout à l'autre de ce cours, un même fil conducteur relie divergence, transformance, convergence et collision : la lithosphère est un système en renouvellement permanent, créée aux dorsales, déplacée, transformée et finalement recyclée ou épaissie aux limites convergentes. Le cycle de Wilson en donne l'échelle de temps caractéristique, de quelques dizaines à quelques centaines de millions d'années par cycle. Comprendre ce cadre, c'est disposer de la grille de lecture qui explique la répartition des séismes, des volcans, des chaînes de montagnes et des grands bassins sédimentaires à la surface du globe — le socle sur lequel s'appuient les modules de géodynamique externe, de pétrologie et de paléontologie du cursus.

ÉtapeProcessus dominantExemple
1. RiftingExtension continentaleRift est-africain
2. Océan matureExpansion océanique, marges passivesAtlantique actuel
3. SubductionFermeture de l'océanAndes
4. CollisionÉpaississement, chaîne de montagnesHimalaya, Alpes
5. Érosion / suturePénéplanation, ophiolites résiduellesChaîne varisque

Les cinq étapes du cycle de Wilson

À retenir
  • Cycle de Wilson : rifting → océan mature → subduction → collision → érosion et suture, un cadre unificateur pour toute la tectonique.
  • Chaîne varisque (≈ 300 Ma, Meseta marocaine incluse) : exemple d'orogène ancien, aujourd'hui pénéplané.
  • Chaîne alpino-himalayenne et Rif : collision en cours ; Atlas marocain : chaîne intraplaque née de l'inversion d'un rift avorté.
  • Craton = cœur continental ancien et stable (bouclier + plate-forme), peu déformé depuis très longtemps.
  • La tectonique des plaques explique conjointement séismes, volcans, chaînes de montagnes et grands bassins sédimentaires.
Ça tombe à l'examen

Question de synthèse classique en fin de module : « Retracez le cycle de Wilson et illustrez chaque étape par un exemple. » Sache surtout bien distinguer l'Atlas marocain (chaîne intraplaque par inversion de rift) du Rif (chaîne de collision) : c'est une confusion fréquente et un piège récurrent. Prépare aussi un exemple précis d'orogène ancien (chaîne varisque) et un exemple récent (Himalaya ou Rif) avec leurs mécanismes respectifs.

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