Face aux menaces présentées au chapitre 5, la conservation de la biodiversité s'organise à l'échelle mondiale par des conventions et des plans d'action, relayés au niveau national. Ce chapitre de synthèse retrace la Convention sur la diversité biologique, le Plan stratégique et les objectifs d'Aichi, la mobilisation marocaine pour la biodiversité, le principe d'utilisation durable, et les perspectives ouvertes après 2020.
1. La Convention sur la diversité biologique
La Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, fixe trois objectifs indissociables : conserver la diversité biologique en tant que patrimoine de l'humanité, l'utiliser durablement, et assurer le partage juste et équitable des avantages tirés de l'utilisation des ressources génétiques. Le Maroc a signé la CDB en juin 1992 et l'a ratifiée en août 1995, s'engageant ainsi à décliner ces objectifs dans ses propres politiques et sa législation.
2. Le Plan stratégique 2011-2020 et les objectifs d'Aichi
En 2010, à Nagoya au Japon, les Parties à la CDB ont adopté le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, cadre d'action décennal porté par une vision (une biodiversité valorisée et restaurée d'ici 2050) et une mission (mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité et restaurer la résilience des écosystèmes d'ici 2020). Ce plan se décline en vingt objectifs, dits objectifs d'Aichi, répartis en cinq buts stratégiques. L'objectif 11, particulièrement cité, fixait la conservation d'au moins 17 % des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10 % des zones marines et côtières d'ici 2020, au moyen de réseaux d'aires protégées bien reliés et gérés efficacement — un lien direct avec le chapitre 3 sur le design des réserves.
3. La mobilisation nationale du Maroc
Pour mettre en œuvre ses engagements, le Maroc a créé un Comité national sur la biodiversité, associant plusieurs départements ministériels et institutions scientifiques (recherche agronomique, eaux et forêts, environnement). Cette mobilisation s'est traduite par l'élaboration de l'Étude nationale sur la biodiversité (ENB), qui dresse un état des lieux du patrimoine biologique national, par la mise en place d'un Centre d'échange d'information sur la biodiversité (Clearing House Mechanism), et par une stratégie et un plan d'action national pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité, piloté notamment par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification.
Traité international adopté à Rio en 1992, engageant les Parties signataires à conserver la biodiversité, l'utiliser durablement et partager équitablement les avantages tirés des ressources génétiques ; ratifié par le Maroc en 1995.
4. L'utilisation durable de la biodiversité
L'utilisation durable consiste à exploiter les ressources biologiques (forêts, pêcheries, ressources génétiques, écotourisme) à un rythme et selon des méthodes qui n'entraînent pas leur appauvrissement à long terme, afin qu'elles restent disponibles pour les générations futures. Ce principe, deuxième objectif de la CDB, encadre par exemple la gestion sylvo-pastorale des forêts marocaines, la réglementation des pêcheries ou le développement de l'écotourisme autour des aires protégées, qui valorise la biodiversité sans en compromettre la conservation. Le troisième objectif de la CDB, le partage des avantages tirés des ressources génétiques, a été précisé par le Protocole de Nagoya, adopté en 2010.
Exploitation des ressources biologiques à un rythme qui n'entraîne pas leur déclin à long terme, de manière à préserver leur potentiel de répondre aux besoins des générations présentes et futures.
5. Perspectives : le cadre mondial de Kunming-Montréal
À l'échéance du Plan stratégique 2011-2020, la communauté internationale a adopté, en décembre 2022, le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui prend le relais des objectifs d'Aichi avec un objectif phare souvent résumé « 30x30 » : conserver efficacement au moins 30 % des zones terrestres et 30 % des zones marines de la planète d'ici 2030. Ce nouveau cadre poursuit la même logique que les objectifs d'Aichi tout en relevant les ambitions, confirmant la nécessité d'une mobilisation continue, à laquelle le Maroc participe à travers l'actualisation de sa propre stratégie nationale pour la biodiversité.
| Cadre | Période | Objectif de surface protégée |
|---|---|---|
| Objectifs d'Aichi (Nagoya, 2010) | 2011-2020 | 17 % terrestre / 10 % marin |
| Cadre de Kunming-Montréal (2022) | 2022-2030 | 30 % terrestre / 30 % marin (« 30x30 ») |
Deux cadres mondiaux successifs
- La CDB (Rio, 1992 ; ratifiée par le Maroc en 1995) fixe trois objectifs : conservation, utilisation durable, partage des avantages.
- Plan stratégique 2011-2020 adopté à Nagoya (2010) : 20 objectifs d'Aichi ; l'objectif 11 visait 17 % terrestre et 10 % marin protégés.
- Le Maroc s'est doté d'un Comité national sur la biodiversité, d'une Étude nationale sur la biodiversité et d'une stratégie nationale, pilotée notamment par le HCEFLD.
- L'utilisation durable exploite les ressources sans compromettre leur renouvellement (sylviculture, pêche, écotourisme).
- Le Cadre de Kunming-Montréal (2022) prolonge Aichi avec l'objectif « 30x30 » : 30 % des terres et des mers protégées d'ici 2030.
Connais par cœur les trois objectifs de la CDB et la date de ratification par le Maroc (1995), ainsi que le chiffre de l'objectif 11 d'Aichi (17 % terrestre, 10 % marin) souvent comparé à l'objectif « 30x30 » du cadre de Kunming-Montréal. Question de synthèse fréquente en fin de module : relie ce chapitre aux menaces du chapitre 5 et au design des réserves du chapitre 3 pour montrer la cohérence de la démarche de conservation.