La terminologie est la discipline qui étudie et normalise les termes d'un domaine. Ce chapitre montre comment se fabriquent les mots savants de la biologie et de la géologie : à partir d'un radical, d'un préfixe et d'un suffixe. Savoir décomposer un mot inconnu permet d'en deviner le sens — compétence directement évaluée en examen.
1. Terme, concept et définition
En terminologie, on distingue le concept (la notion, l'unité de pensée) et le terme (l'étiquette linguistique qui le désigne). Le travail terminologique consiste à associer à chaque concept un terme unique et à le définir. Une bonne définition suit la structure classique : genre prochain + différence spécifique. Ainsi « la mitochondrie est un organite (genre prochain) limité par deux membranes et siège de la respiration cellulaire (différence spécifique) ».
Trois relations organisent un vocabulaire de spécialité. La synonymie (deux termes pour un même concept : hématie / globule rouge) est tolérée mais on recommande un terme privilégié. La polysémie (un terme, plusieurs concepts : cellule en biologie, en électricité, en prison) est combattue à l'intérieur d'un domaine. L'homonymie et surtout les faux amis entre langues (anglais library ≠ librairie) sont une source d'erreurs constante en sciences.
2. Radical, préfixe, suffixe
Un mot savant s'analyse en morphèmes. Le radical (ou base) porte le sens principal : cyt- (cellule), hém- (sang), gastr- (estomac), lith- (pierre). Le préfixe, placé avant, modifie ce sens : hypo- (sous), hyper- (au-dessus), endo- (dedans), exo- (dehors), a- privatif. Le suffixe, placé après, indique la catégorie grammaticale et le type de notion : -ite (inflammation), -ose (état, maladie non inflammatoire ou glucide), -ase (enzyme), -logie (science), -cyte (cellule).
L'analyse se fait de gauche à droite mais le sens se lit souvent de droite à gauche : hypo+glyc+émie = « présence dans le sang (–émie) de sucre (glyc–) en quantité insuffisante (hypo–) ». De même gastro-entérologie = science de l'estomac et de l'intestin ; érythrocyte = cellule rouge ; hydrolyse = coupure par l'eau. Une voyelle de liaison (le plus souvent -o- pour le grec, -i- pour le latin) soude les éléments : biologie, herbivore.
3. Dérivation et composition
La dérivation ajoute un affixe à un mot existant de la langue : cellule → cellulaire → intracellulaire. La composition réunit deux mots autonomes (chou-fleur, porte-greffe). La composition savante, dominante en sciences, combine deux éléments grecs ou latins non autonomes : photo + synthèse, chloro + phylle, strato + sphère. On évite en principe les mots hybrides mêlant grec et latin, même si l'usage en a imposé beaucoup (télévision, monoculture).
Trois autres procédés complètent le lexique. L'emprunt à une autre langue, aujourd'hui surtout à l'anglais (gène, stress, plasmide) ; la siglaison et l'acronymie (ADN, ARNm, ATP, MEB, PCR — un sigle s'épelle, un acronyme se prononce comme un mot : SIDA, LASER) ; enfin l'éponymie, qui tire le terme d'un nom propre (appareil de Golgi, cycle de Krebs, loi de Mendel, échelle de Richter). Tout sigle doit être développé lors de sa première apparition dans un texte.
4. Néologie et normalisation
La science crée sans cesse des concepts nouveaux, donc des néologismes : néologie de forme (mot nouveau : nanotechnologie, protéome) ou néologie de sens (mot ancien recevant une acception nouvelle : souris en informatique). La normalisation terminologique, portée par des organismes nationaux et internationaux, choisit le terme recommandé, en fixe la définition et l'équivalent dans les autres langues. En sciences de la vie, la nomenclature binomiale de Linné (genre + espèce, en italique, genre avec majuscule : Homo sapiens) est l'exemple achevé d'une terminologie normalisée à l'échelle mondiale.
Les mêmes exigences valent pour les unités : le Système international impose des symboles invariables, sans point abréviatif et sans marque de pluriel (5 kg, 20 mL, 37 °C), et une série de préfixes multiplicateurs (kilo–, milli–, micro–, nano–). Écrire « 20 mls » ou « 5 Kg » est compté comme faute dans les copies de sciences.
Discipline qui recense, définit et normalise les termes désignant les concepts d'un domaine spécialisé ; par extension, l'ensemble de ces termes.
Mot nouveau, ou sens nouveau donné à un mot existant, créé pour nommer un concept jusque-là sans dénomination.
| Procédé | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Dérivation | Mot + préfixe et/ou suffixe | intra-cellul-aire |
| Composition savante | Deux éléments grecs ou latins | photo-synthèse |
| Emprunt | Mot pris à une autre langue | plasmide, stress |
| Siglaison | Initiales d'un groupe de mots | ADN, ATP, PCR |
| Éponymie | Terme tiré d'un nom propre | appareil de Golgi |
| Néologie de sens | Sens nouveau, mot ancien | souris (informatique) |
Procédés de formation des termes scientifiques
- Concept = notion ; terme = étiquette. Une définition = genre prochain + différence spécifique.
- Mot savant = préfixe + radical + suffixe, souvent reliés par la voyelle -o-.
- Le sens se reconstruit en lisant les éléments de droite à gauche.
- Procédés : dérivation, composition savante, emprunt, siglaison, éponymie, néologie.
- Un sigle s'épelle (ADN), un acronyme se prononce (SIDA) ; on le développe à sa première occurrence.
- Nomenclature binomiale et unités SI : deux terminologies normalisées à connaître.
L'exercice le plus fréquent consiste à décomposer une liste de termes (hypoglycémie, néphrite, ostéoporose, xérophyte, lithosphère) en préfixe / radical / suffixe puis à en donner le sens, ou inversement à construire le terme correspondant à une définition. Prépare-toi aussi à distinguer sigle et acronyme et à corriger l'écriture des unités. Piège classique : confondre le suffixe -ite (inflammation) et -ose (affection non inflammatoire), ou oublier que -ase désigne une enzyme et -ose un sucre.