Biologie Maroc
Biologie animale · S2 · Chapitre 3 sur 8

Les Métazoaires diploblastiques : Spongiaires et Cnidaires

Lecture : 11 min·Rédigé par l'équipe Biologie Maroc·Mis à jour : août 2026

Les Diploblastiques sont les premiers animaux pluricellulaires : leur corps ne comporte que deux feuillets embryonnaires. Les Spongiaires, sans vrais tissus, et les Cnidaires, premiers animaux à posséder des cellules nerveuses, marquent les deux premières étapes de l'organisation des Métazoaires. Ce chapitre est court mais dense en vocabulaire, et le cycle polype–méduse figure presque chaque année aux examens.

1. Origine et caractères des Diploblastiques

L'hypothèse la plus admise fait dériver les Métazoaires de protistes coloniaux flagellés (proches des choanoflagellés) au sein desquels s'est instauré un partage des tâches entre cellules : mouvement, nutrition, coordination, production des gamètes. Les Diploblastiques se répartissent en quatre phylums : Spongiaires (éponges), Placozoaires, Cnidaires (méduses, anémones, coraux, hydres) et Cténophores (« groseilles de mer »). Leurs cellules s'organisent en deux feuillets, ectoderme et endoderme, séparés par une mésoglée gélatineuse acellulaire ou pauvre en cellules. La symétrie est radiaire (ou absente chez beaucoup d'éponges), adaptée à la vie fixée ou à la nage passive.

2. Les Spongiaires (éponges)

Les éponges sont des animaux aquatiques fixés, surtout marins, sans organes, sans bouche ni système nerveux : on les qualifie de Parazoaires. Le corps est un sac percé de nombreux pores inhalants (ostioles) et d'un large orifice exhalant, l'oscule. La paroi comprend un pinacoderme externe (pinacocytes), un choanoderme interne formé de choanocytes, cellules à collerette et flagelle qui créent le courant d'eau et capturent les particules alimentaires par phagocytose, et entre les deux une mésohyle parcourue d'amibocytes (archéocytes totipotents, sclérocytes qui fabriquent les spicules). Selon la complexité du système aquifère on distingue les types asconoïde (simple sac), syconoïde (paroi plissée en canaux radiaires) et leuconoïde (corbeilles vibratiles multiples, type le plus fréquent). La nature du squelette définit trois classes : Calcaires (spicules de calcite), Hexactinellides (spicules siliceux à six branches, éponges de verre) et Démosponges (spicules siliceux et/ou fibres de spongine, 90 % des espèces, dont l'éponge de toilette). Reproduction asexuée par bourgeonnement et gemmules, sexuée avec larve ciliée nageuse (amphiblastula).

Définition — Choanocyte

Cellule flagellée à collerette de microvillosités, tapissant les cavités internes des éponges ; elle crée le courant d'eau et filtre les particules nutritives. Son analogie avec les choanoflagellés est un argument majeur sur l'origine des Métazoaires.

3. Les Cnidaires : organisation générale

Les Cnidaires sont de vrais Métazoaires (Eumétazoaires) à symétrie radiaire, possédant une cavité gastrovasculaire (cœlentéron) à orifice unique, la bouche, entourée de tentacules. La paroi comprend un épiderme (ectoderme) et une gastroderme (endoderme) séparés par la mésoglée. La cellule caractéristique du phylum est le cnidocyte, cellule urticante renfermant une capsule, le nématocyste, dont le filament dévaginable injecte un venin ; elle sert à la capture des proies et à la défense. Le système nerveux est un réseau diffus sans centre, associé à des cellules myoépithéliales ; la digestion est d'abord extracellulaire dans la cavité, puis intracellulaire. Il n'y a ni appareil circulatoire, ni respiratoire, ni excréteur.

4. Polype et méduse : les deux formes du cycle

Les Cnidaires existent sous deux formes. Le polype est fixé, cylindrique, bouche et tentacules tournés vers le haut, mésoglée mince ; il se reproduit surtout de façon asexuée (bourgeonnement, formation de colonies). La méduse est libre, nageuse, en forme d'ombrelle à bouche ventrale portée par le manubrium, mésoglée épaisse, munie d'organes sensoriels (statocystes, ocelles) ; elle assure la reproduction sexuée. Chez beaucoup d'Hydrozoaires (Obelia), le cycle est une alternance de générations : le polype bourgeonne des méduses, la méduse produit des gamètes, l'œuf donne une larve planula ciliée qui se fixe et redonne un polype.

5. Les classes de Cnidaires

Les Hydrozoaires présentent en général les deux formes, avec un polype dominant : Hydra (polype solitaire d'eau douce, sans méduse), Obelia (colonie polymorphe), la physalie (colonie flottante). Les Scyphozoaires sont les « vraies méduses » : la phase méduse domine, le polype (scyphistome) est réduit et produit les jeunes méduses par strobilation (Aurelia). Les Cubozoaires (cuboméduses) sont des méduses à ombrelle cubique, très venimeuses. Les Anthozoaires ne possèdent que la forme polype, solitaire (anémones de mer) ou coloniale (coraux, gorgones) ; leur cavité gastrique est cloisonnée par des septes et les coraux bâtisseurs de récifs sécrètent un squelette calcaire et vivent en symbiose avec des algues zooxanthelles.

CaractèreSpongiairesCnidaires
Niveau d'organisationCellulaire (Parazoaires), pas de tissus vraisTissulaire (Eumétazoaires)
SymétrieAbsente ou radiaireRadiaire
Cavité interneSystème aquifère (pores, oscule)Cavité gastrovasculaire à bouche unique
Cellule caractéristiqueChoanocyteCnidocyte (nématocyste)
Système nerveuxAbsentRéseau diffus
SqueletteSpicules calcaires ou siliceux, spongineMésoglée ; calcaire chez les coraux

Spongiaires et Cnidaires : la comparaison de base

À retenir
  • Diploblastique = ectoderme + endoderme + mésoglée ; symétrie radiaire ; quatre phylums dont Spongiaires et Cnidaires.
  • Éponge : animal filtreur fixé, pores inhalants, oscule exhalant, choanocytes, spicules ; types asconoïde, syconoïde, leuconoïde.
  • Trois classes d'éponges selon le squelette : Calcaires, Hexactinellides, Démosponges.
  • Cnidaire : cavité gastrovasculaire, tentacules, cnidocytes, réseau nerveux diffus.
  • Polype fixé (reproduction asexuée) vs méduse libre (reproduction sexuée) ; larve planula.
  • Hydrozoaires (polype dominant), Scyphozoaires (méduse dominante, strobilation), Anthozoaires (polype seul, coraux et anémones).
Ça tombe à l'examen

Schéma légendé d'une coupe d'éponge asconoïde ou d'un polype d'hydre, et cycle de développement d'Obelia avec alternance polype–méduse : voilà ce qui tombe le plus souvent. Attention au piège « les éponges ont-elles des tissus ? » (non, ce sont des Parazoaires) et ne confonds pas cnidocyte (la cellule) et nématocyste (la capsule qu'elle contient).

Le cours complet en PDF17 cours magistraux de professeurs à lire et télécharger — gratuit avec ton compte étudiant.
Voir les PDF du module