Biologie Maroc
Fiche de révision · S4

Résumé — Enzymologie et biochimie métabolique

Tout le module en une page : les chapitres condensés en points essentiels, le vocabulaire et les pièges d'examen. Pour la veille de l'épreuve.

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Les enzymes : définition, nomenclature, classification et cofacteurs

  • Enzyme = catalyseur protéique (sauf ribozymes) : abaisse l'énergie d'activation sans changer ΔG ni l'équilibre, agit à faible concentration, ressort intacte.
  • Nomenclature : substrat + réaction + suffixe -ase, numéro EC à 4 chiffres (ex. EC 2.7.1.1 = hexokinase, transférase de phosphate).
  • Six classes par type de réaction : oxydoréductases (1), transférases (2), hydrolases (3), lyases (4), isomérases (5), ligases (6) ; translocases ajoutées en 2018.
  • Apoenzyme (protéine seule, inactive) + cofacteur = holoenzyme (active) ; coenzyme libre (NAD⁺, CoA) vs groupement prosthétique lié (FAD, hème, biotine).
  • Coenzymes dérivés de vitamines B : B1 → TPP, B2 → FAD, B3 → NAD⁺/NADP⁺, B5 → CoA, B6 → PLP ; 1 UI = 1 µmol de substrat transformé/min.
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Le site actif, la spécificité et les mécanismes de la catalyse enzymatique

  • Site actif = site de fixation (liaisons faibles, spécificité) + site catalytique (résidus qui transforment le substrat) ; occupe une fraction infime du volume.
  • Clé-serrure (Fischer, 1894) : complémentarité rigide → clé-serrure (Koshland, 1958) : ajustement induit, le substrat modifie la conformation de l'enzyme.
  • L'enzyme abaisse l'énergie d'activation ΔG‡ en stabilisant l'état de transition S‡ (Pauling) ; ne change ni ΔG global ni la constante d'équilibre.
  • Mécanismes combinés : proximité-orientation, catalyse acide-base générale (His), catalyse covalente (Ser, Cys), catalyse par ions métalliques (Zn²⁺, Mg²⁺).
  • Chymotrypsine : triade catalytique Ser195-His57-Asp102, trou oxyanionique, intermédiaire acyl-enzyme covalent puis hydrolyse.
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Cinétique enzymatique : le modèle de Michaelis-Menten

  • Vitesse initiale v₀ mesurée sur la partie linéaire de P = f(t) ; à [S] saturante, v₀ proportionnelle à [E] (base du dosage enzymatique clinique).
  • v₀ = Vmax·[S] / (Km + [S]) : hyperbole avec plateau Vmax ; Km = [S] pour laquelle v₀ = Vmax/2, indépendant de [E].
  • Km faible → forte affinité ; Vmax = kcat·[E]T dépend de [E] ; kcat = nombre de renouvellement ; kcat/Km = efficacité catalytique (limite ≈ 10⁸–10⁹ M⁻¹·s⁻¹).
  • Lineweaver-Burk : 1/v₀ = (Km/Vmax)(1/[S]) + 1/Vmax → ordonnée à l'origine 1/Vmax, abscisse à l'origine −1/Km.
  • Deux substrats : mécanisme séquentiel ordonné ou aléatoire (droites sécantes) vs ping-pong (droites parallèles, ex. aminotransférases).
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Inhibition, facteurs physico-chimiques et régulation allostérique

  • Compétitive : I ressemble à S, site actif de E libre, Vmax inchangée, Km apparent augmenté, levée par excès de substrat.
  • Non compétitive : I sur autre site (E et ES), Vmax diminue, Km inchangé — incompétitive : I sur ES seulement, Vmax et Km diminuent ensemble (droites parallèles).
  • pH en cloche (pepsine ≈ 2, trypsine ≈ 8) ; température : accélération (Arrhenius, Q10 ≈ 2) puis dénaturation au-delà d'un seuil.
  • Enzymes allostériques : oligomères, cinétique sigmoïde, coopérativité, K0,5 et coefficient de Hill, états T (faible affinité) et R (forte affinité) du modèle MWC.
  • Rétro-inhibition par le produit final (CTP sur ATCase) ; régulation covalente par phosphorylation (kinases/phosphatases) et activation protéolytique des zymogènes.
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Bioénergétique : thermodynamique, énergie libre et ATP

  • ΔG = ΔH − TΔS ; ΔG < 0 exergonique (spontanée), ΔG > 0 endergonique, ΔG = 0 équilibre ; ΔH seul ne prédit pas le sens de la réaction.
  • ΔG°' = −RT ln K'eq (état standard biologique : pH 7, 25 °C, 1 M) ; ΔG réel = ΔG°' + RT ln (produits/réactifs), peut différer du ΔG°' in vivo.
  • Les ΔG s'additionnent (loi de Hess) : couplage énergétique, une réaction endergonique devient possible si couplée à une réaction plus exergonique.
  • ATP → ADP + Pi : ΔG°' ≈ −30,5 kJ/mol ; PEP (−62), 1,3-BPG (−49) et créatine phosphate (−43) plus riches, glucose 6-phosphate (−14) plus pauvre.
  • Catabolisme (libère ATP, NADH) vs anabolisme (consomme ATP, NADPH) ; charge énergétique d'Atkinson maintenue ≈ 0,8–0,95.
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Oxydoréductions biologiques, chaîne respiratoire et phosphorylation oxydative

  • Oxydation = perte d'électrons (déshydrogénation) ; électrons vont du couple à E°' le plus négatif (NAD⁺/NADH −0,32 V) vers le plus positif (O₂/H₂O +0,82 V).
  • ΔG°' = −nFΔE°' ; oxydation du NADH par O₂ : ΔE°' = 1,14 V → ΔG°' ≈ −220 kJ/mol, libéré par paliers dans la chaîne respiratoire.
  • Chaîne respiratoire : complexe I (NADH, 4 H⁺) → Q ← complexe II (FADH₂, 0 H⁺) → III (4 H⁺) → cyt c → IV (2 H⁺) → O₂ ; 10 H⁺/NADH vs 6 H⁺/FADH₂.
  • Théorie chimiosmotique de Mitchell : gradient de protons → ATP synthase FoF1 ; rendements modernes 2,5 ATP/NADH et 1,5 ATP/FADH₂ (3 et 2 en bilan classique).
  • Inhibiteurs ciblés : roténone (I), antimycine A (III), cyanure/CO (IV), oligomycine (ATP synthase) ; découplants (2,4-DNP, UCP1) dissipent le gradient en chaleur.
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Métabolisme des glucides : glycolyse, fermentations, voie des pentoses et néoglucogenèse

  • Glycolyse : 10 réactions cytosoliques, phase d'investissement (2 ATP) puis remboursement (4 ATP + 2 NADH) ; bilan net glucose → 2 pyruvate + 2 ATP + 2 NADH.
  • Trois étapes irréversibles régulatrices : hexokinase, PFK-1 (étape limitante, inhibée ATP/citrate, activée AMP/F2,6-BP) et pyruvate kinase.
  • Anaérobiose : fermentation lactique (LDH, cycle de Cori) ou alcoolique (levures, CO₂ + éthanol) pour régénérer le NAD⁺ ; seulement 2 ATP/glucose.
  • Voie des pentoses phosphate : G6PDH → 2 NADPH + ribose 5-P par G6P ; déficit en G6PDH = favisme (fréquent au Maghreb).
  • Néoglucogenèse (foie, rein) : 4 enzymes de contournement (pyruvate carboxylase, PEPCK, F1,6-BPase, G6Pase) ; glycogène : synthase vs phosphorylase, seul le foie libère du glucose libre.
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Décarboxylation du pyruvate, cycle de Krebs et bêta-oxydation des acides gras

  • PDH (matrice) : pyruvate + CoA + NAD⁺ → acétyl-CoA + CO₂ + NADH ; complexe à 3 enzymes et 5 coenzymes (TPP, lipoate, CoA, FAD, NAD⁺).
  • Cycle de Krebs (8 réactions) : citrate synthase → aconitase → isocitrate DH → α-KG DH → succinyl-CoA synthétase → succinate DH → fumarase → malate DH.
  • Par acétyl-CoA : 3 NADH + 1 FADH₂ + 1 GTP + 2 CO₂ ≈ 10 ATP ; cycle aérobie et amphibolique (anaplérose par la pyruvate carboxylase).
  • β-oxydation : activation (2 ATP), navette carnitine, 4 réactions par tour (FAD, hydratation, NAD⁺, thiolase) → 1 acétyl-CoA + 1 FADH₂ + 1 NADH par tour.
  • Palmitate (C16) : 7 tours, 8 acétyl-CoA, ≈ 106 ATP net ; oxydation complète d'un glucose : 30 à 32 ATP (36–38 en bilan classique).

Vocabulaire à connaître par cœur

Holoenzyme
apoenzyme + cofacteur, forme active
Site actif
région qui fixe et transforme le substrat
État de transition
forme instable de plus haute énergie franchie pendant la réaction
Km
concentration de substrat donnant v0 = Vmax/2
kcat
nombre de molécules transformées par seconde et par site
Inhibiteur compétitif
se fixe sur le site actif, effet levé par excès de substrat
Allostérie
régulation par fixation d'effecteurs hors du site actif
ΔG°'
variation d'énergie libre standard biologique (pH 7)
Couplage énergétique
réaction endergonique rendue possible par une réaction exergonique liée
Chimiosmose
synthèse d'ATP grâce à un gradient de protons
Phosphorylation au niveau du substrat
ATP formé par transfert direct d'un phosphate
Amphibolique
à la fois catabolique et anabolique, comme le cycle de Krebs